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« The Green Hornet », un film de Michel Gondry

08 Fév Publié par dans Cinéma | Commentaires

Avec Seth Rogen, Cameron Diaz, Jay Chou, Christoph Waltz, Edward Furlong, Edward James Olmos, James Franco.

Britt Reid est l’héritier de l’empire Reid, propriétaire du journal Daily Sentinel. A la mort de son père, et découvrant la palette surprenante des capacités de son assistant Kato, il décide de se transformer la nuit en un super-héros d’un genre particulier : se comporter comme un bad guy afin de tromper les vrais criminels. Le frelon vert est né.

Encore un film de super-héros, et encore une histoire de justicier branquignol légèrement parodique. Devant la caméra de Michel Gondry, le résultat vaut-il un énième détour par la case « cape et collants référencés » ? Eh bien, oui et non. Cette histoire de frelon vert, porté par l’aura de la vieille série télé avec Bruce Lee dans le rôle de Kato, ne sort pas vraiment du schéma « jeune héros un peu loser devant cacher tant bien que mal son identité à la bombasse dont il est amoureux ». L’angle, par contre, est un tantinet original : le jeune n’est pas un mais deux, et c’est cette entente contre nature (l’un a les sous, l’autre le talent) qui leur donne des idées de virées nocturnes. Au début pour des motivations de sales gosses (s’en prendre à la statue commémorative du père), ensuite pour l’honneur et la justice.

Tout au long du film, le scénario insiste sur la collaboration très spéciale entre les deux hommes : deux solitaires se trouvant pour la première fois un partenaire, deux gamins partenaires de jeux, tous les deux amoureux de la même femme, chacun ayant besoin de l’autre et nourrissant un complexe (l’un est charismatique mais bêta, l’autre est doué en tout mais manque d’ambition). A l’instar de « Soyez sympas, rembobinez », son précédent film, Gondry s’attache surtout à filmer deux gamins s’éclatant dans une activité commune. Un peu de fraîcheur et d’humanité dans une production de cette ampleur, cela fait toujours plaisir.

Graphiquement, Gondry impose légèrement sa patte sur ce gros produit à effets spéciaux, en réutilisant quelques trouvailles déjà vues dans certains de ses clips, comme ce que l’on pourrait appeler le « multi split screen narratif » (un plan-séquence se poursuivant sur de multiples petites vignettes découpant l’écran, chaque vignette se focalisant sur un personnage en particulier : un dérivé du procédé vu dans le clip « Sugar Water » de Cibo Mato), ou la multiplication d’éléments pour tordre l’espace et figer le temps (comme dans le clip « Let forever be » des Chemical Brothers) lors des mouvements martiaux de Kato.

Le casting présente un festival de seconds rôles réjouissants, d’un Christoph Waltz (« Inglourious Basterds ») en méchant cabot à l’accent russe, à Edward Furlong (le jeune John Connor) en petite frappe fabricant de la drogue, en passant par Edward James Olmos (Castillo dans la série « Miami Vice ») en patron de journal à qui on ne la fait pas. Le duo de justiciers comiques fonctionne très bien, justement parce qu’il mise moins sur les blagues que sur ce côté enfantin et joueur.

Voici un film de justiciers masqués qui donne la banane, sans cynisme ni ultra-violence, et donc une aventure plutôt réussie ouvrant grand la porte à des suites éventuelles.

Thomas Berthelon :  http://thomasberthelon.com

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