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« Au-delà », un film de Clint Eastwood

20 Jan Publié par dans Cinéma

Une romanesque croisée de destins

Trois vies vont, pour le meilleur, se télescoper au bout des quelques deux heures et plus que durent le dernier opus de Clint Eastwood. Londres, San Francisco et Paris abritent trois destinées qui n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant. Marie, célèbre  journaliste d’investigation française coule des jours paisibles avec son amant. Ils sont en vacances dans une station balnéaire qui ressemble à Phuket. Nous sommes en 2004. Prise au cœur du tsunami qui ravagea l’Indonésie, Marie est laissée pour morte. Sauf qu’elle revient finalement de…là-bas. Avec d’étranges souvenirs. A la même époque, à Londres, un gamin d’une dizaine d’années est heurté mortellement par un véhicule. Lui ne reviendra pas du royaume des ombres. Son jumeau en restera inconsolable. A San Francisco, George travaille sur des chantiers pour trois francs six sous alors qu’il pourrait être très riche car il possède un don, il est medium et sait communiquer avec les morts. C’est sûr qu’à partir de ces données de base, il ne faut pas être très malin pour écrire la suite du scénario. Donc le petit garçon retrouvera le sourire et les deux trentenaires vivront heureux et auront beaucoup d’enfants. En fait, tout le film tourne et retourne dans tous les sens pour finalement se terminer par une séquence digne des meilleurs (pires ?) feuilletons romanesques. Clint Eastwood aborde une véritable brassée de sujets, depuis cette fameuse expérience de la mort (le tunnel, la lumière, etc.) jusqu’au travail de deuil en passant par le paranormal. Bluette à deux balles et mère indigne camée jusqu’aux cheveux complètent ce panorama eastwoodien pour, in fine, nous laisser un peu sur notre faim. A vrai dire, Cécile de France (Marie) a connu des prestations plus convaincantes. Par contre, Matt Damon (George) est formidable d’intensité face à ce personnage dont les pouvoirs sont un véritable fardeau maudit.  Il porte le film à lui tout seul.

Robert Pénavayre

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