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« Le fils à Jo », un film de Philippe Guillard

03 Jan Publié par dans Cinéma

Aux racines d’un sport de…gentlemen

Bénéficiant d’une avant-première étendue à l’ensemble du Sud-Ouest de la France (sortie nationale le 12 janvier 2011), le premier long de Philippe Guillard (journaliste sportif et ancien champion de rugby à XV) est formidablement énervant et en même temps d’une candeur, mêlée d’une belle dose de naïveté, totalement désarmante. Soit un village du Tarn dans lequel règne la figure emblématique de la dynastie des Canavaro, des demi-dieux du rugby local depuis des générations. Jo (Gérard Lanvin), le dernier en date, est veuf. Il élève son fils de 13 ans le mieux qu’il peut tout en s’occupant de l’équipe de rugby et en tentant d’inculquer à son fils Tom les règles et l’amour de ce noble  sport. Mais, à quelques semaines d’une rencontre qualificative contre le village voisin, voici que le maire du village vend à une multinationale le terrain de sport sur lequel  les Canavaro ont sué sang et eau depuis plus d’un siècle ! C’est la catastrophe, d’autant que l’équipe se délite à vue d’œil. C’est sans compter sur le Conseiller Principal d’ Education du collège local, un ancien de la belle époque rugbystique, qui a vécu quelques aventures sportives  en Nouvelle Zélande. C’est de là qu’il va faire venir un prénommé Jonah, une légende du rugby néo-zélandais.   Les jeux ne sont peut-être pas faits. Mais ce qui mine Jo, c’est la distance que prend Tom par rapport à ce sport qui est un peu sa raison de vivre. Adroitement, Philippe Guillard instille dans son film la délicate relation père-fils, le premier détruit par la mort de sa femme, le second conscient que le sport de papa a évolué.  C’est au travers des valeurs fondamentales du rugby que le jeune Tom et son père vont se retrouver. Certes, le trait est plus d’une fois particulièrement appuyé et l’appellation « rugby-cassoulet » n’aura jamais autant mérité son droit de cité. C’est ça qui, de nos jours,  est un peu énervant. Cela dit…

Robert Pénavayre

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